Je me trouvais en rêve dans une contrée immense,
en haut du monde, il semble, mais d’eau entourée,
avec un inconnu, de Stuart separée.
Celà se passait, apparemment, en France.

Monuments et montagnes des eaux surgissaient;
paysage sans vie, gigantesque et nu,
sans forêts ni prairies, de jardins dépourvu,
que l’air immobile de silence remplissait.

Par une chaussée de pierre, pour ne pas nous mouiller,
nous cherchions le chemin vers un but oublié,
idyllique endroit où Stuart m’attendait.

J’étais donc perdue dans ce royaume pierreux.
Pourquoi me fiais-je à mon guide silencieux?
“Où suis-je? Que fais-je?” ces doutes me hantaient.

II

Soudain mon compagnon voulut me posséder.
Montagnes, monuments, tout autour disparût.
A la place de mon guide, Stuart apparût.
Dans une salle vide, nous nous sommes aimés.

Ensuite il se mit normalement à parler.
“Je ne concevais pas, ” dit-il, “ d’un vrai père. ”
Sujet familier. J’aurais préféré faire
allusion à mon troublant, grandiose trajet.

Je m’efforçais néanmoins d’inscrire ses mots
avec un bout de plume, lorsque, d’un sursaut,
je m’éveillais, plongée dans mon songe curieux.

Tentant de se rejoindre, haut, au paradis,
nous sommes retombés d’où nous étions partis.
Pour voyage pareil, l’on se prépare mieux.

Natasha Borovsky
De : Larmes Irisées

 

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