Vladimir Vsevolodovich

Baranovsky

Ingénieur des chaussées et trafic

Usine: tel. 231-38                                 Petrograd                      Maison: tel 279-1

Bolshoy Sampsonievskij Prospekt 84a       Rue Bolshaya Puskarshkaya 59/10

Vladimir Baranovsky, le premier époux de Moussia, était ingénieur des ponts et chaussées, comme indiqué sur la carte de visite qu’il avait avec lui quand il arriva aux États-Unis le 4 janvier 1918. La photo, ci-dessus, a été prise quelques années après, à Chicago, où il envisageait brièvement une carrière de chanteur – il avait une très belle voix de bariton. Au coin à droite, Theatrical Studio, 359 No Clark Street, Chicago.

Il était un des descendants d’une famille d’illustres inventeurs, linguistes et officiers de haut rang de l’armée impériale, mariés avec des femmes de familles comparables. En 1917, il travailla dans l’usine de feu son oncle Vladimir Stepanovich Baranovsky, l’usine Baranovskii de machineries et de pipes qui fabriquait des canons et des munitions très avancés en coopération avec l’usine de Nobel d’à côté, dans la Bolshoy Sampsonievsky Prospekt à Vyborg près de la frontière finlandaise, la grande zone industrielle de Petrograd. Les deux usines employaient les inventions de l’une et l’autre.  Les ouvriers des deux usines, des milliers d’hommes, participèrent au premier plan aux démonstrations révolutionnaires de 1917, dans l’avenue Sampsonievsky Prospekt. Vladimir Vsevolodovich était témoin-sur-place de toutes ces démonstrations. Les plus grandes eurent lieu en février, en mai et en juillet. En août, par anticipation, il arrangea un passeport pour l’étranger mais il resta encore à Petrograd, suivant le cours des dévéloppements politiques.

Son grand-père, Stepan Baranovsky, était un homme remarquable. Né le 21 décembre 1817 à Kapustina, un village au province de Yaruslavl, fils de Ivan Baranovsky et Tekla Jaroshevsky, il apparut très tôt qu’il était exceptionellement doué. Dans son lycée à Chernikov, en 1833, il reçut une bourse du gouvernement pour continuer ses études à  Saint Petersbourg. De 1936 à 1942, il enseigna l’histoire et les statistiques à Pskov. De 1842 à 1862, il fut assistant-professeur, puis professeur à l’Université d’Helsinki. En 1862, à l’âge de seulement 45 ans, il se retira de cette position pour se dévouer au développement de ses inventions techniques. De 1868 à 1881, il fut inspecteur en chef des écoles en Sibérie de l’Ouest.


Il avait des talents très divers. Il parlait Russe et Finnois. Dans les encyclopédies réputées de Brockhaus et d’Efron, il est également mentionné qu’il avait maitrisé l’Allemand, le Français, l’Anglais, le Suédois, le Danois, le Polonais, l’Arabe, le Turque et le Persan. Il publia des livres sur des sujets très divers comme la linquistique, l’histoire littéraire, la théologie, la géographie, les statistiques, la médecine, l’hygiène, les méchaniques et la géographie. Il publia des atlas et des articles sur la nécessité des chemins de fer. Il fut d’ailleurs le premier à proposer la construction de la Trans-sibérienne.

Il inventa un sous-marin qu’il bâtit avec son fils aîné, l’inventeur Vladimir Stepanovich. Il créa des méthodes pour l’utilisation de l’air comprimé pour la propulsion des véhicles, comme pour la Locomotive de Baranovsky, une invention pour transporter des petits trains via les grands chemins de fer.

À Helsinki, il était aussi très actif dans la société. Il y fut le pionnier des statistiques du crime, fonda la première Société de Tempérance de Finlande dont il fut le premier président. Il pris également l’initiative de fonder une Société de Protection des Animaux et, en 1860, un refuge pour les femmes libérées de l’hôpital ou de prison ainsi qu’un refuge de nuit pour les sans abri.

En 1845,  Stepan se maria avec Sofia Johanna Ottilia von Wittenheim (1822-1856), fille de Baron Gustav von Wittenheim.  Leurs enfants :

  • Vladimir (1847-1879, qui devint inventeur de réputation internationale)
  • Eugenia (1851-1879, l’épouse du Dr. Wladyslaw Sila-Nowicki, l’oncle de Moussia)
  • Vsevolod (1853-1921, père de Vladimir, premier époux de Moussia)
  •  Lev (1853 – ?, père d’ Olga, première épouse d’Alexandre Kerensky).
  • Deux filles qui mouraient en enfance, Sophia and Olga

Vsevolod et Lev poursuivaient une carrière militaire.

Dans cet article et l’article suivant, la génération prochaine de cette famille sera présentée dans quelques détails car leurs destins devint liés par le mariage et les événements d’avant, de durant et d’après la Révolution Russe.

Stepan et Sofia en 1845

Le fils aîné de Stepan, Vladimir Stepanovich (1846-1879) est encore célèbre aujourd’hui hors Russie pour avoir inventé l’artillerie à tir rapide, pour l’artillerie terrestre et de marine.

Éduqué chez soi, il assista à des cours dans un institut technique à Paris et étudia de temps en temps à l’Université de Saint Petersbourg. À partir de 1865, il travailla comme contre-maître sur le Chantier Naval Carr and MacPherson’s à Saint Petersburg, renommé Chantier Naval Baltique, qui existe encore aujourd’hui. En travaillant dans l’Usine Nobel à Vyborg, de 1867-75, il inventa un canon à tir rapide et des cartouches, immédiatement adoptés par les armées et marines de tous les pays. Il inventa également une machine à fabriquer ces cartouches. Puis, il fonda une usine portant son nom pour tous ces équipements. De surcroît, il inventa un égoutage mécanique pour les mines d’or et un canon à eau pour éteindre les incendies.

Vladimir S. fut tué par un accident pendant un essai de tir.

Vladimir Stepanovich Baranovsky


Petrograd Rue Bolshaya Puskarshkaya 59/10,  adresse de  l’appartement style Art Nouveau  où vivait Vladimir Vsevolodovich en  1917, avant sa fuite.

(à suivre)

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