La photo montre la mère de Natasha Borovsky, Maria Viktorovna Sila-Nowicki à l’âge de trente-quatre ans. Par une série d’incroyables beaux hasards combinée à douze ans de recherches, j’ai pu faire la connaissance avec cette femme extraordinaire.

Émigrée de la Russie en 1917 – même si elle y rentra souvent après -, ayant habité Los Angeles, parfois New York, toujours Paris et, entre-temps, le Berlin des années 1929-1933, elle est encore vivante dans les journaux de Sergei Prokofiev, de Vera Stravinsky, dans les mémoires et archives personnelles de Natasha Borovsky, de Giacomo Antonini (le critique littéraire Italo-Néerlandais, l’époux de Maria de 1937 à 1959), de Karin Antonini la veuve de Giacomo Antonini, et de l’écrivain Néerlandais F.C. Terborgh. J’ai eu la bonne fortune d’avoir accès à tous leurs souvenirs et archives, dont les histoires et destins étaient si interreliés.

Mes recherches étaient une aventure passionante. Maria, dans son temps, connaissait bien personnellement tout le monde artistique de Paris et de Berlin, les peintres, les écrivains, les danseurs, les musiciens et les chefs d’orchestres d’importance. Élève de Meyerhold à St Petersbourg, elle était parfois à côté de Prokofiev en 1921 quand il préparait la musique, le libretto et la mise en scène de son L’Amour des Trois Oranges ou encore pendant les répétitions pour la première mondiale de cet opéra à Chicago. Et il appréciait ses conseils professionnels. Via Prokofiev et à côté de son mari le pianiste Russe Alexander Borovsky, elle se liait en amitié avec beaucoup de monde dans leur cercles.

Stuart Dodds, mari de feue Natasha Borovsky et son executeur testamentaire dont ses oeuvres littéraires, m’a donné la permission de publier des souvenirs de Natasha  qu’elle m’envoyait pendant les derniers dix ans. Ce sont, sous forme de poèmes en prose, ses souvenirs de sa jeunesse avec les enfants Prokofiev, de sa mère Maria (“Moussia”, 25.1.1895- 2.8.1959), de son père le pianiste Alexandre Borovsky (18.3.1889 – 27.4.1968) et de son beau-père italien Conte Giacomo (“Gino”) Antonini (18.9.1901- 16.6.1983), l’amour de trente ans et le dernier mari de Moussia.
(à suivre)

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