Sikorsky Russky Vityaz (le Grand)

En 1980, l’écrivaine américaine Gretchen Haskin, belle-fille de Henry Haskin, l’imprimeur de Rescuing the Czar, publia un livre sous le titre An Imperial Affair: ‘Une affaire impériale’. Un roman à suspense, un thriller captivant. Le protagoniste principal est George S. Romanovski, le vice-consul russe à San Francisco de décembre 1917 jusqu’à 1924. Nous connaissons ce monsieur déjà des articles précédants.

Gretchen Haskin a inventé une histoire qui amplifie Rescuing the Czar. Dans son livre, c’est Romanovsky qui est envoyé de San Francisco à Ekaterinburg en Sibérie, pour sauver la famille impériale. Il voyage sous le nom Konstantin Petrovich Syvarotka, une variation de Syvorotka que nous connaissons déjà. Il part de San Francisco en juin 1918, sur le bateau japonais Nippon Maru. Après un voyage à bord du Transsibérien de Vladivostok, il arrive à Ekaterinburg, ayant attrapé le typhus dans le train. Malgré sa maladie, il réussit à faire évader la famille impériale d’Ipatiev House par un tunnel sous-terrain. Il les accompagne vers un lac où les attend un grand avion biplan Sikorsky à quatre moteurs qui les emmène vers Archangel, d’où un navire de la flotte anglaise les amène vers Angleterre. Quand Romanovsky, finalement, rentre au port de San Francisco, il comprend que sa femme l’a quitté pour un autre.

Il est évident dès le début du livre, que Haskin a eu accès à des détails personnels du George Romanovsky réel, notamment concernant son amitié avec le couple Maria et Vladimir Baranovsky. C’est, sûrement, eux qui lui ont raconté tout sur la vie d’avant la Révolution (Romanovsky partit de Russie en  1910) et sur les événements de 1917. Dans ce livre, Moussia et Vladimir apparaissent sous les noms de Vladimir Illyitch Baronovsky et sa femme Natalia Petrovna Baronovsky, le second a de Baranovsky remplacé par un o ce qui me rappele la Baronesse B. La femme réelle de George Romanovsky, Goldie, s’appelle Daisy dans le livre. La pauvre Daisy est décrite comme une femme un peu stupide qui devint hystérique quand son perroquet, un cadeau de Natalia, ne voulut plus parler.

Dans ce livre, il y a quelques détails qui ont un semblant de vérité :

“À la fin  du mois arriva un autre couple, des anciens amis qui avaient fui la Russie par l’Est. Natalia Petrovna Baronovsky ressemblait fort à la fille ainée du Tsar et avait appris de bien exploiter cette ressemblance, entrant facilement dans la haute société. Pour des raisons inconnues à George Romanovsky, elle s’occupait beaucoup de Daisy, lui donnant des leçons de Français, lui apprenant comment s’habiller et  donner des fêtes. Puis elle la promenait dans les rues de San Francisco, comme si elle était son caniche. Vladimir commença à travailler au Consulat comme Chancelier et, par ses connexions en Sibérie, fournit Washington d’un flux constant d’informations militaires et politiques.

Le moment est venu de nous occuper du vrai Vladimir. Est-il rentré en Russie pas longtemps après son arrivée à San Francisco? Si oui, pourquoi et quand ? Est-ce bien son voyage qui inspirait Rescuing the Czar ?”

(à suivre)

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