Dans l’article précédant, numéro neuf de cette série,  nous avons fait la connaissance de deux des fils de Stepan Baranovsky, Vsevolod et Lev.

Vsevolod, père de Vladimir – le premier mari de Moussia -, était né 26 novembre 1853. Son frère Lev était né 6 mai 1855. Les frères se marièrent avec deux soeurs : Lydia et sa soeur plus jeune, Marija Vassilieva. Elles étaient des filles d’un professeur fameux de la langue, de littérature et de culture Chinoise dont les oeuvres sont lues encore aujourd’hui. Un de ses livres, L’Islam en Chine, fut traduit en Anglais en 1958. Le Professeur Vassily Pavlovich Vassiliev faisait ses recherches et donnait ses cours au Departement des Études Orientales à l’Université de Kazan, le premier Institut de ce genre en Russie, de  1834 à 1878. Il vécut au sein de la Mission Orthodoxe à Pékin pendant dix ans (1840-50) pour étudier des manuscrits bouddhistes anciens. Il est possible qu’il connaissait professionellement le Professeur Stepan Baranovsky, linguiste aussi, le père de Vsevolod et Lev et qu’ainsi que les deux familles se connaissaient.

Sur la photo au-dessus, prise par A. Selayev à Kazan, on voit Vsevolod et Lydia, en la trentaine.

À gauche, le jeune Vsevolod dans son uniforme de gala du Régiment de la Garde royale des Cuirassiers à l’âge de 22 ans, sortant de l’école élite Nikolaev à Saint Petersbourg. Il participa à la guerre russo-turque de 1877/78. En 1883, il fut diplomé de l’Académie Alexandre de droit militaire et commença une carrière dans ce domaine. De 1883 à1887 il servit à Kopal, où naquit sa fille Vera (1885). En 1887, il fut transféré à Omsk en Sibérie, où il servit jusqu’en 1902 à des positions diverses, comme investigateur et procureur. Son fils Vladimir (centre) naquit à Omsk le 5 juin 1889.

Vsevolod devint juge militaire à Kazan, 1902-1907 et puis à Moscou, 1907-1909, où il fut élevé au rang de Général de Division. Sa fille Vera (à droite) commença ses études de comédienne là-bas et devint une star du Théatre Académique des Arts de Moscou de Constantin Stanislavski, puis, plus tard, du cinéma. De 1909 à 1913, Vsevolod fut juge militaire à Odessa. En 1913, lui et sa femme déménagèrent à Helsinki où il devint membre du Sénat du Grand-Duché de Finlande, appartenant à la Russie depuis 1809. Là, en 1916, il partit en retraite au rang de Lieutenant-Général.

Ce curriculum vitae montre comment à cette époque les officiers et leurs familles étaient transférés partout dans ce pays immense, la Russie. Il sert aussi d’arrière-fond à la jeunesse de Vladimir, de Vera et de leur soeur cadette Elena née en 1892, probablement à Omsk, comme son frère.

Au centre, Vladimir sur sa photo de passeport en 1917. La famille de sa seconde femme aux États-Unis m’ont donné l’opportunité d’inspecter, de faire traduire et de publier une copie de son certificat de naissance et de son passeport. Ci-dessous, la copie de ce certificat de naissance, c’est une capsule de temps intéressante.

EXTRAIT

Régistre de Naissance de la Cathédrale de la Résurrection, église de la cité d’Omsk, le régistre de 18 septembre 1890 Nr. 349.

Liste des Nouveau-nés

Mois, jour, an de naissance : 05 juin 1889

Noms: Vladimir

Jour de Baptême : 07 juillet 1889

Rang, prénom, nom du père et nom des parrains:

Le Capitaine du Pouvoir Judiciaire Militaire Vsevolod Stefanov Baranovsky et sa femme légale, Lydia Vasilieva, tous deux de réligion orthodoxe.

Rang, prénom, nom du père et nom des parrains:

Le Lieutenant-Colonel Lev Stepanovich Baranovsky et Madame le Lieutenant–Colonel Varvara Nikolaeva Zmettnova

Administrateur du baptême :

Le prêtre Vladimir Pobedinski avec le psalmiste Pavel Bystrov

Je soussigné, Jacob Grigorievich Nikolsk, Notaire Publique de la cité de Kazan, confirme l’exactitude de cette copie , qui m’a été présentée dans mon bureau, adresse Rue Petropvlovski, Numéro ‘le fils du Général-Maréchal’, par Vsevolodovich Baranovsky, citoyen Kazan, rue Pushkin, la maison de Voroztsovaia.

En comparant cette copie avec l’original, je n’ai pas aperçu de mots effacés, ajoutés, rayés ou de corrections non-discutées ou autres particularités.

Le vingt-huit Juin 1905 au régistre Nr. 2314.

Pas de cachet apposé à cette copie, car elle va être présentée à un institut d’éducation

(signature)


La Cathédrale militaire de la Résurrection à Omsk, cette église a disparu après la Seconde Guerre Mondiale.

Donc, Lev servait à Omsk en même temps que Vsevolod. En fait il avait un rang plus élevé que celui de son frère aîné. Le jeune Vladimir à 16 ans eut besoin de l’extrait pour s’inscrire à une école. Je pense qu’il fut nommé après feu son oncle Vladimir Stepanovich qui mourut lors d’un accident d’essai de tir, le fondateur/propriétaire du riche empire de fabrication de canons et de munitions Baranovsky. Son oncle Lev avait nommé son fils Vladimir aussi.

Les deux frères nommèrent chacun une fille Elena. Malheureusement, je ne sais pas grand chose d’elles, bien qu’elles s’apprètent à figurer dans cette histoire. Je n’ai même pas pu trouver leurs photos.

Lev et Marija avaient trois enfants : Vladimir, né le 20 mai 1882, qui fut éxecuté en 1936, lors d’une épuration Stalinienne; Olga, née 26 novembre 1883, qui se maria avec Alexandre Kerensky; et une soeur, Elena, née en 1898.

Lev divorça d’avec Marija autour de l’an 1900 et se re-maria, en gardant son fils Vladimir chez lui. Une Marija amère et ses filles Olga et Elena rentrèrent chez leurs parents. Le vieux professeur les éduquèrent de façon spartiate et sévère.

Vladimir Lvovich Baranovsky, à gauche autour de 1905 et à droite quelques années après. Il eut une carrière dans l’infanterie et atteignit le rang de Lieutenant-Colonel en 1915.

Olga Lvovna Kerensky, née Baranovsky, autour de 1910

Toutes les personnes ci-dessus figurent d’une façon ou d’une autre dans l’histoire de Moussia. Dans l’article prochain, nous allons découvrir ce que se passa pour eux en 1917.

 

(à suivre)

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