Par Albert Chiendeau

Beaucoup plus tard ont émergé quelques détails sur l’envahisseur Y. Pendant la nuit fatale, Y fut lancé par un révolutionnaire manqué d’à peine 30 ans. À seize ans, il était libre penseur et communiste. Déjà excellant en trois mathématiques et cinq langues. Dessinateur, gouachiste, philosophe, il créa bien avant son vingtième anniversaire des gravures sur linoléum de Goethe et Nietsche. Puis, le destin frappa. Il tomba sous l’influence enchanteresse d’une femme d’extraction calviniste. Il succombait sous son charme et la force logique des réformateurs. Avec des effets de toute une vie.

Quand, à l’époque de la guerre civile en Espagne, son libre esprit refit surface, il se proposa d’aller chercher de l’or en Alaska. Sa femme peu disposée de le suivre, il commença à pédaler dans la choucroute. Il fut conseillé par son psy d’aller chercher la tranquilité de la mer du Nord, s’enrôlant en bateau de pêche. C’est là, sur les grandes vagues, qu’il retrouva plus ou moins l’équilibre. Après son retour et quelques consultations en plus, son pinceur d’âme posa le diagnostic définitif et le mit au courant, en prononçant les mots: ‘Vous êtes un oiseau casanier”.

Rien à faire. Plans d’émigration dans la poubelle. Il décida de voyager dans sa tête. La reste du corps remis à zéro. Ta ta ti ti, ti, ti ta ti, ta ta ta. Il se convertissait en radio-amateur et le restait toute sa vie. Par des signes super-rapides en code Morse, il parlait avec quelques amis et une foule d’amies autour du monde, souvent avec un certain sourire que sa femme ne comprenait pas. Il se sentait un oiseau libre. Donc il était un  précurseur, plutôt un oiseau de tête, des Twitterers sur la toile.

Mais revenons à nos petits moutons. L’ovocyte X nous attend avec de l’impatience.

(à suivre)

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