L’étonnement

Comme d’habitude, le matin,
ma chatte près de moi me tient
compagnie au lit. Il fait bon,
Grand’ouverte sur le balcon,
la porte-fenêtre n’a point
pour ma chatte d’attrait. Soudain,
la voilà en flèche lancée
et qui se penche, ramassée,
sur le jardin. L’étonnement
la transfixe tout bonnement.
Je me soulève et je vois:
un écureuil, la tête en bas.
à l’arbre-rouge suspendu
par deux pattes-arrières nues,
qui l’observe d’un air narquois.
« Tu ne pourrais pas faire çà, toi! »
lui fait-il à sa manière,
« toi et tes façons altières. »
Satisfait de l’effet produit,
il tient long sa pause, pour lui.
(Grands étourdis, les écureuils!)
Il se sauve. De sa veille,
ma chatte revient sans dépit
et reprend son poste au lit.

 

Natasha Borovsky, Larmes Irisées

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