Natasha Borovsky en 1934, dessin au crayon par Alexander von Schubert, mari de la cantatrice russe Nina Koshetz, amis des Borovskys et Prokofievs.

 
Larmes Irisées

Les femmes de Carthage préservaient
leurs larmes dans de petits flacons.
Découverts sur l’ancienne plage, ils
brillaient au soleil d’un reflet irisé.

Sous ce titre et sous-titre, il y a quelques quatre ans, mon amie Natasha Borovsky (1924-2012) m’envoya de la  Californie, en manuscrit, un recueil de quelques quarante de ses poèmes en Français. Elle écrivait la plupart de ces poèmes entre 1981 et 2003, quand un deuxième et brutal accident vasculair cérébral l’incapacitait tellement, qu’après elle ne pouvait que dicter quelques en plus à son mari Stuart Dodds. Vous pouvez trouver les détails sur elle et Stuart dans les dossiers que vous voyez à droite sur cette page, inclus celui de la Chronique de Moussia.

Sous les circonstances, le recueil n’était jamais publié comme étaient avant  ses poèmes en Anglais (‘Drops of Glass’, ‘Desert Spring’, et ‘Grasp the Subtle Lifeline). Mais depuis 1981, elle en avait récité maints devant des cercles Francophones en la région autour la Baie de San Francisco, comme l’Alliance Française et son successeur local, “Les amis de la Culture Française”. Devant ces mêmes cercles elle donnait des discours sur la poésie Française, sur des sujets spécialisés comme ‘L’évolution de la versification Française aux onzième et douzième siècles’ et sur la poésie Française contemporaire.

Son mari Stuart Dodds m’a gracieusement donné permission de publier les poèmes de Natasha. Je vais le faire en étapes, un ou deux poèmes par semaine. Leur première rencontre était en 1981, quand Natasha récitait le poème suivant devant l’Alliance Française à San Francisco :

Adieu, Tristesse
à Stuart

Sur mon chemin d’automne jonché
des feuilles sèches du passé,
sur mon parcours solitaire –
­par choix, j’en etais fière­—
voilà que tu surgis soudain
et renversa d’un coup de main
le soigneux échafaudage
de mon existence sage.

Tu trouvas joli mon âge,
me dis pleine de beauté,
me comblas de qualités.
Je me laissais prendre au piège.
A l’amour, je cédais siège.
Ah le drôle, il trôna
à ma table comme un roi!
Le chasser? C’était trop tard!

Ètrange et mystérieux hasard!
Illusion ou engouement,
je crus à ton dévouement.
J’échangeai ma liberté
tant chérie, pour la gaieté.
Mort cessa de ma sourire.
Sans raison, je m’entends rire.
Adieu, Tristesse! Bonjour, Espoir!

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